Pour Macron et les siens, le trône de Bruxelles n’est pas éternel

Pour Macron et les siens, le trône de Bruxelles n’est pas éternel

Editorial de Gilles Lebreton, Chef de la délégation française des élus ENL paru sur « La lettre de la Délégation française » du 14 février 2019 :

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Il y a une semaine, Emmanuel Macron, qui a de plus en plus des allures de roi immature , cynique et capricieux, décidait de rappeler l’ambassadeur de France à Rome. Un geste insensé et scandaleux, du jamais vu en Europe depuis 1945.

Durant la présente session à Strasbourg, le Premier ministre italien, Giuseppe Conte, représentant d’une coalition rassemblant le plus grand nombre de suffrages en Italie depuis 1945, a reçu un accueil indigne de la part des parlementaires issus de l’axe européiste GUE (extrême-gauche), Verts, SD (socialistes), ALDE (centristes), PPE (droite dominée par la CDU de Merkel, où siègent LR). Preuve que cette omerta était un coup prémédité, Jean-Claude Juncker, président de la Commission, n’était pas présent pour l’écouter, contrairement à tous les usages.

Pour nous, il est impensable de mettre à l’index le peuple italien et son gouvernement où siègent Matteo Salvini et nos amis de la Ligue.

 

Gilles Lebreton
Chef de la Délégation Française

Alstom-Siemens : soumission française et impuissance européenne

Alstom-Siemens : soumission française et impuissance européenne

Editorial de Nicolas Bay, co-président du groupe ENL, paru dans « La lettre du Groupe Europe des Nations et des Libertés » du 11 février 2019. Pour recevoir les lettres du groupe : cliquez ici

Le projet de fusion des deux entreprises a reçu un coup d’arrêt mercredi 6 février avec le véto de la Commission européenne. D’un point de vue strictement français, c’est une bonne nouvelle car ce projet déséquilibré aurait abouti à l’absorption du français Alstom par l’allemand Siemens. Pour comprendre ce déséquilibre, il faut se rappeler la grande faute politique de Macron lorsqu’il était secrétaire général adjoint de l’Élysée : la vente de la branche énergie d’Alstom à l’américain General Electric qui a fait perdre son indépendance à notre filière nucléaire, civile et militaire. Or l’argent de cette vente, au lieu d’être réinvesti dans la branche transport d’Alstom, fut alors versé aux actionnaires…

Cependant, d’un point de vue européen, ce véto est aussi une mauvaise nouvelle. La Commission a rendu son verdict au nom de la « concurrence libre et non faussée », un des dogmes de l’UE. Or l’industrie européenne du rail est aujourd’hui soumise à la rude concurrence du canadien Bombardier et plus encore à celle, croissante, du géant chinois CRRC. Ce dernier gagne du terrain sur notre continent, tout particulièrement en Europe centrale.

En octobre 1997, le traité d’Amsterdam abrogeait l’article 44-2 du traité de Rome qui prévoyait « le développement d’une préférence naturelle entre les États membres ». Ladite préférence concernait essentiellement les produits agricoles. Au lieu de l’abroger, il aurait fallu la renforcer et l’étendre aux produits industriels, de sorte que les Tchèques soient encouragés à acheter français plutôt que chinois.

Aujourd’hui, en raison du dogmatisme et du court-termisme des dirigeants européens, nos industriels sont entre le marteau américain et l’enclume chinoise, entre deux empires qui poursuivent des stratégies de long terme.

Hélas, l’Union européenne montre tous les jours son impuissance face à l’extraterritorialité du droit américain, véritable arme de guerre économique, mais aussi face au dumping d’une industrie chinoise ultrasubventionnée.

 

Nicolas Bay
Co-Président du groupe Europe des Nations et des Libertés

Eurocrates Vs démocrates

Eurocrates Vs démocrates

Editorial de Nicolas Bay, co-président du groupe ENL, paru dans « La lettre du Groupe Europe des Nations et des Libertés » du 4 février 2019. Pour recevoir les lettres du groupe : cliquez ici

Lors de la « mini-session plénière » du Parlement européen organisée à Bruxelles les 30 et 31 janvier, les eurocrates nous ont infligé un énième débat sur la situation de l’état de droit en Hongrie.

C’est devenu une sorte de rituel où des députés en mal de reconnaissance essaient de se distinguer en rivalisant d’envolées tragico-lyriques contre le gouvernement hongrois de Viktor Orbán. Avec des trémolos dans la voix, les eurocrates condamnent la démocratie hongroise.

« On ne remet pas en cause impunément les dogmes de l’Union européennes » disent en substance ces députés qui multiplient les oukases et fatwas contre les dirigeants d’États membres qui préfèrent écouter leurs peuples plutôt que les bureaucrates non élus de Bruxelles.

Pourtant, en matière d’indépendance de la Justice, de pluralité dans les médias ou dans les assemblées d’élus, la France est-elle vraiment en situation de donner des leçons à la Hongrie ? Et qu’attend donc la Commission pour se pencher sur la façon dont Macron et son gouvernement répriment les manifestations des Gilets Jaunes ? Combien de gardes à vue préventives ? Combien de manifestants gravement blessés par un usage disproportionné de la violence légale ?

Ne parvenant pas à faire plier le gouvernement hongrois, les eurocrates ont décidé de restreindre les droits des parlementaires européens. Ainsi, jeudi 31 janvier, on a nous a fait voter des modifications du règlement du Parlement européen demandées par un socialiste britannique. Ce texte porte gravement atteinte à la liberté d’expression puisqu’il réclame de lourdes sanctions pour « tout propos offensant » tenu dans l’hémicycle, ce qui ouvre la porte à l’arbitraire le plus total dans le but de punir tout propos en rupture avec la doxa bruxelloise. Or un député qu’on fait taire, ce sont des citoyens qu’on bâillonne.

Nicolas Bay
Co-Président du groupe Europe des Nations et des Libertés

Rien ni personne ne fera plier Matteo Salvini

Rien ni personne ne fera plier Matteo Salvini

Editorial de Nicolas Bay, co-président du groupe ENL, paru dans « La lettre du Groupe Europe des Nations et des Libertés » du 28 janvier 2019. Pour recevoir les lettres du groupe : cliquez ici

« Oui, je plaide coupable d’avoir défendu nos frontières et notre patrie » : c’est ce qu’a déclaré jeudi notre allié Matteo Salvini en réponse aux juges siciliens qui veulent le poursuivre pour avoir, en tant que ministre italien de l’Intérieur, empêché un navire d’immigrés clandestins de débarquer illégalement dans un port d’Italie, en août dernier. Un comble !

« Je pose la question au peuple italien : dois-je continuer à être ministre, à exercer mes droits et à remplir mes devoirs, ou bien dois-je demander à tel ou tel tribunal de décider de la politique migratoire ? » a renchéri celui qui a tenu sa promesse de réduire drastiquement les arrivées de migrants.

Non seulement Matteo Salvini a fait chuter les arrivées mais il a augmenté le nombre d’expulsions. Ainsi, entre le 1er janvier 2018 et le 1er janvier 2019, le nombre de migrants présents dans des structures d’accueil en Italie est passé de 183 000 à 133 000. Sachant que chaque migrant coûte un minimum de 30 euros par jour, l’économie n’est pas négligeable.

Furieuse de cette politique qui la prive d’une main d’œuvre bon marché, taillable et corvéable à merci, l’Allemagne de Madame Merkel avait annoncé mercredi qu’elle cessait de participer à l’opération Sophia. Lancée en 2015, cette opération militaire européenne devait initialement permettre de traquer les trafiquants de migrants, mais sa mission a rapidement consisté à aider les migrants à traverser plus sûrement la Méditerranée… jusqu’à ce que Matteo Salvini reprenne les choses en main.

On ne le répétera jamais assez : il n’y a pas de fatalité.

Nicolas Bay
Co-Président du groupe Europe des Nations et des Libertés

La grande peur des fédéralistes

La grande peur des fédéralistes

Editorial de Nicolas Bay, co-président du groupe ENL, paru dans « La lettre du Groupe Europe des Nations et des Libertés » du 21 janvier 2019. Pour recevoir les lettres du groupe : cliquez ici

Les fédéralistes rêvent d’une Europe dirigée par la Commission, au détriment du Conseil qui regroupe les dirigeants des États membres de l’Union européenne.

Depuis plusieurs mois, la Commission fait adopter par le Parlement une batterie de mesures destinées à renforcer son pouvoir de chantage sur les États réfractaires à cette mise sous tutelle. 

La semaine dernière, en session plénière à Strasbourg, les fédéralistes ont fait voter plusieurs textes dans ce sens, notamment le rapport Rubial-Sarvamaa qui vise à couper les vivres des États qui menaceraient le fameux « état de droit », au profit d’États plus dociles.

Mais cette instrumentalisation des fonds européens pourrait renforcer la rébellion au sein du Conseil.

Dans cette instance, depuis avril 2017, les États peuvent en effet bloquer les décisions s’ils réunissent 35% des voix. La méthode de calcul est complexe, chaque État disposant d’un nombre de voix relatif à sa population. Par exemple, 29 voix pour l’Italie avec ses 60 millions d’habitants, 12 pour la Hongrie, qui en compte 10 millions. Et le départ du Royaume-Uni (29 voix) va mécaniquement abaisser le seuil de cette minorité de blocage.

Or depuis 2014, le groupe de Visegrad ou V4 (Pologne, Hongrie, Tchéquie et Slovaquie) s’est considérablement consolidé, en partie grâce aux attaques de la Commission contre la Hongrie et la Pologne.

Et alors que la Bulgarie de Boïko Borissov est de plus en plus associée au V4, la Roumanie de Liviu Dragnea ne cesse de se rapprocher de la Hongrie de Viktor Orbán.

Autrement dit, si on y ajoute l’Italie de Matteo Salvini et l’Autriche codirigée par nos alliés du FPÖ, on voit ainsi émerger un bloc cohérent et stable, à même d’obtenir une renégociation en profondeur du fonctionnement et de l’orientation de l’UE.

Le blocage institutionnel conduirait en effet nécessairement à une refonte des traités, alors même que les forces nationales progressent partout en Europe.

On comprend mieux la panique dans le camp des fédéralistes.

Nicolas Bay
Co-Président du groupe Europe des Nations et des Libertés

« On n’a jamais pu aller de l’avant en marche arrière »

« On n’a jamais pu aller de l’avant en marche arrière »

Editorial de Nicolas Bay, co-président du groupe ENL, paru dans « La lettre du Groupe Europe des Nations et des Libertés » du 16 janvier 2019. Pour recevoir les lettres du groupe : cliquez ici

C’est par cette vérité de La Palisse que le Premier Ministre espagnol a commencé son laïus de près de 40 minutes ce matin, en session plénière du Parlement européen.

Propulsé à la tête de l’Espagne en juin 2018 suite au scandale qui a éclaboussé Mariano Rajoy, Pedro Sanchez a fait montre d’une remarquable docilité vis-à-vis de Berlin et Bruxelles. Résultat, ce socialiste a été ovationné par la quasi-totalité de l’hémicycle, PPE compris.

Cédant aux idéologies à la mode, M. Sanchez a claironné pour la énième fois que son gouvernement était « le plus féminisé » des pays de l’OCDE, avec 11 femmes pour 6 hommes. Pour les « progressistes », la parité à laquelle ils tiennent tant est à sens unique.

En réalité, si ce Premier ministre par défaut est devenu la coqueluche des eurocrates, c’est parce qu’il s’est posé d’emblée en anti-Salvini. Ainsi, son premier geste politique a consisté, le 13 juin 2018, à accueillir l’Aquarius, navire affrété par une ONG franco-allemande qui a fait du soutien à l’immigration clandestine son fonds de commerce.

Comme j’ai pu le rappeler à M. Sanchez, ces soi-disant humanitaires sont en fait les idiots utiles des mafias de passeurs… et c’est justement la raison pour laquelle Matteo Salvini a décidé de mettre fin à leurs pratiques criminelles, alors même que de récentes enquêtes ont prouvé que le trafic de migrants était plus lucratif que le trafic de drogues.

Alors que l’Espagne a connu une augmentation des arrivées d’immigrés clandestins de 129% en 2018 par rapport à 2017, Matteo Salvini a permis une réduction de 95% des débarquements depuis qu’il est Ministre de l’Intérieur. Le peuple espagnol jugera.

Nicolas Bay
Co-Président du groupe Europe des Nations et des Libertés