Editorial de Nicolas Bay, co-président du groupe ENL, paru dans « La lettre du Groupe Europe des Nations et des Libertés » du 9 janvier 2019. Pour recevoir les lettres du groupe : cliquez ici

Le deuxième semestre 2018 a été dur à avaler pour la Commission puisque, pour la première fois, c’est un pays co-dirigé par des alliés du Rassemblement National qui a assuré la présidence tournante de l’Union européenne : l’Autriche, où la coalition FPÖ-ÖVP mène depuis décembre 2017 un programme de réformes hétérodoxe du point de vue de Bruxelles, notamment en matière de politique migratoire.

Le premier semestre 2019 pourrait bien virer au cauchemar puisque c’est un pays de plus en plus réfractaire aux diktats de la Commission qui prend la suite de l’Autriche : la Roumanie.

En effet, depuis bientôt deux ans, ce pays à la fois latin et oriental est progressivement entré en conflit avec les autorités bruxelloises, à l’instar de la Hongrie et de la Pologne, dont la Roumanie s’est fortement rapprochée.

Officiellement, les eurocrates reprochent au gouvernement roumain une réforme de son système judiciaire. Oui, comme ses homologues hongrois et polonais, le premier ministre roumain a engagé un bras de fer avec une Justice politisée qui méprise le verdict des urnes. Aussi la Commission a-t-elle sorti la carte de la « menace contre l’état de droit » tandis que la Parlement a voté le 13 novembre une résolution anti-roumaine portée par les mêmes qui s’en étaient déjà pris à la Hongrie deux mois plus tôt.


Bien que d’inspiration sociale-démocrate, la Roumanie de Liviu Dragnea a effectué un spectaculaire tournant conservateur : son gouvernement défend désormais l’identité et la souveraineté des Roumains, contre la tutelle de la Commission, contre les lobbies communautaristes, contre les multinationales prédatrices.

N’en déplaise à l’arrogant Juncker, qui s’en est encore pris au gouvernement roumain dans le journal allemand Die Welt, c’est bien sous la présidence roumaine que se finalisera le Brexit et que commencera la nouvelle législature du Parlement européen après de probables succès des forces nationales au mois de mai.

Nicolas Bay
Co-Président du groupe Europe des Nations et des Libertés

Partagez ceci

Faites connaître le travail du groupe auprès de vos contacts