Lors de ces six mois de présidence estonienne, le Conseil de l’UE a fait de la mobilité un objectif déterminant. En sera-t-il de même sous la présidence bulgare ?

Concernant la crise migratoire on peut espérer que la Bulgarie ne facilite pas la tâche d’Angela Merkel dans son obstination à imposer des quotas. La population est farouchement hostile à l’accueil de migrants et le gouvernement ne s’était engagé à accueillir que 1302 réfugiés. Toutefois, la Bulgarie souhaite réformer le règlement de Dublin qui laisse la charge des migrants au premier pays d’arrivée. Étant une voie d’entrée dans l’Union européenne, elle voudra certainement faire davantage porter la responsabilité sur des pays comme la France.

Concernant les travailleurs détachés, la présidence bulgare continuera d’exclure le secteur du transport de toute réforme pour protéger ses camionneurs. De manière générale, il est peu probable qu’elle porte atteinte au dogme de la mobilité. Europass (une plateforme européenne de recherche d’emploi et de candidature), qui vise à rendre plus mobiles les travailleurs européens, est trop avancé pour qu’elle y mette un frein.

Sur le plan de la formation, de l’éducation et de la jeunesse, là encore, la mobilité devrait rester sacro-sainte. Le Corps européen de solidarité, qui doit permettre aux jeunes de faire du bénévolat à l’autre bout de l’Europe, pourrait lui être bénéfique puisque ce pays est un des plus pauvres de l’Union. Je regarderai avec attention sa position sur le nouveau cadre européen pour l’apprentissage. La Bulgarie favorisera-t-elle la possibilité de faire son apprentissage dans un autre pays de l’UE ? Elle a pourtant tout intérêt à s’y opposer : depuis les années 1990 le pays se vide, perdant 2 millions d’habitants pour atteindre une population de 7 millions, ses jeunes partent faire leurs études à l’étranger pour ne jamais revenir et ses travailleurs qualifiés préfèrent travailler ailleurs pour toucher un salaire dix fois supérieur. La mobilité européenne ne fait donc qu’aggraver la fuite des cerveaux. Jusqu’à présent, le gouvernement cherche à compenser l’hémorragie en encourageant l’immigration en provenance de pays voisins où se trouvent des minorités bulgares. Espérons donc qu’un frein soit mis à la mobilité où se pays ne sera plus qu’un tonneau des Danaïdes. Ce n’est pas l’Europe que nous voulons !

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