Angela Merkel n’ayant pas jugé utile de réagir à la tribune d’Emmanuel Macron adressée aux « citoyens d’Europe », c’est la nouvelle patronne de la CDU qui a répondu au Président de la République. Alors que ce dernier souhaite aller plus loin dans le fédéralisme européen, Annegret Kramp-Karrenbauer a balayé ses propositions qu’elle assimile à un appel à plus de centralisme européen. Refusant la création d’un budget de la zone euro pour financer des projets communs, Mme Kramp-Karrenbauer a également critiqué l’idée d’une mutualisation des dettes et rejeté la proposition d’un salaire minimum européen.

En revanche, celle qui ambitionne de succéder à Angela Merkel à la tête de l’Allemagne a réclamé pour l’Europe un siège permanent commun au Conseil de sécurité des Nations Unies, vieille revendication des Allemands. La chancelière a appuyé cette requête en déclarant que ce siège avait vocation « à réunir les voix européennes au Conseil de sécurité de l’ONU », ce qui aboutirait à la perte du siège dont dispose la France pour elle seule depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale.

La réponse de la dauphine de Mme Merkel rappelle combien est profond l’isolement d’Emmanuel Macron : seul – avec le fragile gouvernement socialiste espagnol – à soutenir encore l’acceptation de l’immigration massive en Europe, seul à défendre le fédéralisme à marche forcée, seul à plaider pour l’harmonisation sociale, seul à porter le projet d’une souveraineté européenne qui ne pourrait s’établir qu’au détriment des nations.

L’enfermement du Président de la République dans un tête-à-tête avec l’Allemagne a fragilisé la position de la France vis à vis des autres pays du continent et a été perçu comme une marque de condescendance par beaucoup d’entre eux. Le fait de voir maintenant ses principales propositions vertement critiquées outre-Rhin ajoute l’affaiblissement à l’isolement de Macron sur la scène européenne ou s’exprime avant tout et avec de plus en plus de force la volonté de voir émerger une Europe des nations plutôt que celle de la Commission.

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