Editorial de Nicolas Bay, co-président du groupe ENL, paru dans « La lettre du Groupe Europe des Nations et des Libertés » du 23 juillet 2018 Pour recevoir les lettres du groupe : cliquez ici

Alors qu’en France « l’affaire Benalla » vire au scandale d’Etat avec une implication tous les jours plus évidente et grave d’Emmanuel Macron, les négociations sur le Brexit achoppent sur le problème irlandais, l’Irlande du Nord faisant partie du Royaume-Uni qui doit quitter l’Union européenne au printemps prochain tandis que la République d’Irlande restera un Etat membre à part entière de cette même Union européenne. Or, depuis l’accord de paix signé en 1998, aucune frontière concrète n’existe entre les deux parties de l’île.

Pour résoudre le problème, le gouvernement britannique a demandé à conserver l’accès à ce qu’on appelle depuis 1986 le « marché unique », ex-« marché commun », c’est-à-dire le marché intérieur de l’Union européenne.

Mais les dirigeants de l’UE refusent, déterminés à faire payer au prix fort le choix démocratique des Britanniques : comme pour une secte, lorsqu’on veut en sortir, on subit pressions et violences. Il faut dire que Messieurs Verhostadt et Barnier, les négociateurs du Brexit pour le Parlement et la Commission, sont tous deux acquis au fédéralisme.

La demande du gouvernement britannique est pourtant légitime puisque trois Etats non membres de l’UE ont accès au marché unique : le Liechtenstein, la Norvège et l’Islande. Sans compter que Bruxelles n’a cessé de multiplier ces dernières années les accords de libre-échange avec des pays du monde entier : Turquie, Maroc, Egypte, Singapour, Guatemala, etc.

Ce deux poids-deux mesures est révélateur de la dérive punitive de l’UE : contre les Anglais, les Hongrois, les Polonais, et tous ceux qui tiennent tête à Bruxelles.

L’utilisation de la situation complexe de l’Irlande est lamentable de la part de l’UE alors que la paix y est récente et fragile. Non, l’Europe de Bruxelles, ça n’est pas la paix. Au contraire, ses dirigeants mènent la guerre à ceux qui ont fait le choix d’écouter leurs peuples.

Nicolas Bay
Co-Président du groupe ENL au Parlement européen

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