L’idéologie immigrationniste de l’Union Européenne : entre aveuglement et totalitarisme

La récente apparition du terme « migrant » dans les médias et les discours officiels, aux débuts de la crise migratoire, n’est pas d’anodine. Il y a quelques années seulement, il était en effet d’usage d’employer des mots qui établissaient une distinction claire entre immigrés légaux et immigrés illégaux, entre immigration régulière et immigration clandestine, entre réfugiés et immigrés économiques. On leur préfère aujourd’hui l’expression « migrant » qui a la particularité d’être floue et d’« euphémiser » le sujet… Ce genre de détails est révélateur de l’impuissance de l’UE à contrôler ses frontières extérieures, de son incapacité flagrante à y apporter une réponse commune et cohérente. Cette évolution n’est rien moins qu’une habile tentative de mener une bataille sémantique pour mieux faire accepter l’effacement des frontières nationales et afin d’établir de nouvelles distinctions, « migrants climatiques » par exemple, qui, elles, justifient de nouveaux afflux d’immigrés. Ces glissements terminologiques ne sont pas sans rappeler la novlangue du roman phare de George Orwell, 1984, destinée à formater la pensée.

Une submersion migratoire que l’UE fait mine de découvrir

Cela fait déjà plusieurs dizaines d’années que plusieurs pays d’Europe, dont la France, voient arriver des immigrés en masse sur leur territoire. Autorisation du regroupement familial, entrées facilitées par des accords bilatéraux, régularisations massives des clandestins, adoptions de politiques de non-discrimination sont autant d’éléments parmi d’autres qui ont largement contribué à ce que ce phénomène s’intensifie dans le temps… L’installation de communautés étrangères en France, en Belgique, en Allemagne, en Suède, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni n’est pas chose nouvelle.

Depuis les « Printemps arabes » et la chute de l’État libyen suite à l’intervention occidentale, la crise migratoire a empiré. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2016, les Etats membres de l’UE ont accepté plus de 710 000 demandes d’asile dont 445 000 pour l’Allemagne et environ 70 000 en Suède, soit deux fois plus de réponses favorables qu’en à 2015. En 2016, Frontex, l’agence européenne chargée du contrôle des frontières européennes, a pourtant reconnu que plus de 60% des réfugiés n’étaient en réalité que des immigrés économiques.

Tout au long de ces 2 dernières années, la Commission européenne n’a cessé de répéter que la situation migratoire était sous contrôle. Aujourd’hui elle reconnaît à demi-mot l’échec de l’Union européenne en la matière en affirmant que des solutions ont désormais été trouvées et que l’immigration serait maîtrisée. Mais, en réalité, une fois encore, il n’en n’est rien. Selon l’agence Frontex, en 2016, 180 000 immigrés auraient rallié le continent européen depuis les côtes libyennes, un chiffre en hausse par rapport aux années précédentes.

Il y a quelques semaines, le journal Bild s’est procuré un rapport alarmant du renseignement allemand laissant présager que l’immigration à destination de l’Europe ne faiblira pas dans les prochaines années. Les services fédéraux estiment à 6 millions le nombre de personnes qui sont en attente sur le pourtour méditerranéen avec l’intention de venir s’installer dans un pays européen. Hasard, le commissaire Avramopoulos déclarait dans un entretien publié le 7 mars dernier dans la Tribune de Genève que « les 27 auront besoin à l’avenir de 6 millions d’immigrés. » Federica Mogherini, Haute-Représentante de l’UE qui déclare «que les Européens devraient comprendre que nous avons besoin de l’immigration pour nos économies» tient exactement le même discours quand Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, a qualifié les frontières de « pire invention de l’Histoire » !

La politique migratoire de l’Union européenne est très souvent justifiée par des raisons démographiques. L’équation serait simple : l’immigration extra-européenne palie le vieillissement de la population européenne et contribue à la prise en charge des retraites puisqu’elle comblerait le manque de main d’œuvre dans certains secteurs et génèrerait des emplois productifs. Une telle assertion fait fi de la réalité et ne résiste pas à l’implacable constat que toute personne de bon sens fait. Si on prend le cas de la France, on observe que les populations immigrées sont peu qualifiées et viennent en majorité grossir les rangs des bénéficiaires des allocations chômage, aides familiales et médicales, logements sociaux… Si l’on prend en sus les coûts liés à la délinquance et à la criminalité des populations d’origine immigrée, on obtient mécaniquement une hausse de la dépense publique sans que le problème des pensions ne soit résolu.

Depuis le début de la crise, l’Union européenne ne s’est jamais donnée les moyens de réduire les flux migratoires, ses dirigeants étant partisans d’une légalisation de l’immigration clandestine, le tout sur fond de désaccords profonds entre les Etats membres. L’appel d’air créé par les déclarations irresponsables de la chancelière allemande, Angela Merkel, en 2015, n’a pas arrangé les choses, entraînant au contraire une vive et légitime réaction des pays de l’Est. Une fois encore, dans cette situation, la Commission n’a fait que suivre docilement la politique allemande. D’ailleurs, lorsque l’Allemagne a estimé que les autres pays européens ne se montraient pas assez solidaires à son égard et manquaient de générosité vis-à-vis des immigrés, la Commission s’est empressée de mettre en place un mécanisme dit de relocalisation ayant pour but de répartir équitablement les « demandeurs d’asile » au sein du territoire européen.

Une Union européenne chancelante et menaçante face à la fronde qui monte

La crise migratoire a ébranlé l’Union européenne et ses membres et entraîné un durcissement des opinions publiques, spécialement après les multiples attentats perpétrés sur le territoire européen par des djihadistes et les tentatives de la Commission de dispatcher les immigrants dans tous les Etats. Les réactions des peuples européens et de certains de ces Etats révèlent une prise de conscience salutaire qu’il faut encourager et amplifier. Les résultats électoraux et les mesures adoptées depuis quelques années confirment ce sursaut. Les Polonais ont mis au pouvoir un parti anti-immigration en novembre 2014. En 2016, les Autrichiens ont massivement voté en faveur du candidat de notre allié au Parlement européen, le FPÖ (le Parti autrichien de la Liberté). En juin 2016, les Britanniques ont opté pour le Brexit en raison notamment des questions migratoires. Cette année, le PVV néerlandais a amélioré ses résultats aux élections législatives. Même chez les Allemands matraqués médiatiquement et culpabilisés, on observe des signes d’exaspération comme en témoignent les manifestations de PEGIDA et les résultats électoraux du jeune parti AFD. En Suisse, qui ne fait certes pas partie de l’UE, l’UDC a obtenu par référendum l’interdiction de la construction de minarets sur son territoire.

Cette montée du « populisme » (terme que d’aucuns veulent insultant mais que nous revendiquons comme positif) se traduit par une évolution sensible des politiques nationales que la presse main stream s’est empressée de dénoncer. Pour notre part, nous saluons ces prises de conscience. Au Danemark, en Autriche, en Suède, pour ne citer que ces pays, le droit d’asile a été restreint. En janvier 2016, le Parlement danois a voté une loi dissuasive qui permet à la police de saisir les biens et l’argent liquide des demandeurs d’asile au-delà de 10 000 couronnes. Le Parlement autrichien a adopté en avril 2016 une loi autorisant la mise en place d’un « état d’urgence migratoire ». Il faut tout de même préciser que le Danemark et l’Autriche avaient respectivement accueilli près de 20 000 et 90 000 migrants pour la seule année 2015.

Face à l’aggravation des flux migratoires en mer Méditerranée, il est urgent de prendre des mesures. Pour l’année 2016, l’Organisation internationale pour les migrations recensait en effet 5 098 décès d’immigrés clandestins en mer Méditerranée, soit une augmentation de 35 % par rapport à l’année précédente. Pleurer les cadavres des immigrés noyés alors que les politiques menées sont un appel d’air pour les migrants est d’une hypocrisie sans nom. Il faut que cela cesse et qu’enfin nous agissions comme le fait l’Australie. Les embarcations clandestines devraient être impérativement renvoyées vers la Libye, tel devrait être le rôle des opérations de surveillance conduites sous mandat de l’UE en mer Méditerranée. En outre, nous partageons l’analyse du ministre autrichien des Affaires étrangères, du procureur italien de Catane, Carmelo Zuccro, et de Frontex lorsqu’ils accusent plusieurs ONG disposant de navires privés de collusion avec les passeurs. Ces accusations corroborent les recherches effectuées par Gefira (Global Analysis from the European perspective) qui montrent précisément les trajets et les modes opératoires des navires affrétés par des ONG (Médecins sans Frontières par exemple).

À ce jour, ce sont les pays du groupe de Višegrad (Hongrie, Pologne, République Tchèque et Slovaquie) qui défendent avec le plus de volonté l’Europe, sa culture, sa civilisation, son équilibre démographique. Ce sont eux qui s’opposent avec le plus de vigueur à l’idéologie pro-migrants en vogue au sein des institutions européennes et des Etats de l’Ouest. Leur résistance aux quotas de migrants imposés par la Commission indique le chemin à suivre aux autres peuples européens pour mettre un terme à la folle politique migratoire de Bruxelles. Comment ne pas partager leur incompréhension lorsque l’exécutif européen les menace de sanctions alors qu’ils ne font que remplir leurs obligations d’Etats membres en protégeant les frontières extérieures de l’Union ? Ces Etats sont dans le vrai quand ils dénoncent les manœuvres anti-démocratiques de la Commission. Il est fort probable que si on demandait aux peuples de se prononcer par référendum sur le mécanisme européen de répartition des immigrés, la majorité en rejetterait l’idée. Comme eux, nous nous opposons et continuerons de nous opposer à ce funeste projet, tout comme nous dénonçons résolument la dissémination des migrants sur l’ensemble du territoire français avec pour effet la création de mini-Calais jusque dans nos campagnes.

Face au refus de certains gouvernements de se plier aux injonctions qui leur sont faites de recueillir des migrants, quels que soient l’état de leurs finances publiques ou la volonté de leurs citoyens et quelles que soient les conséquences de cet accueil, les dirigeants européens montrent les dents et menacent de sanctions financières les pays résistants, tels la Hongrie ou la Pologne.

Si l’Union européenne n’est certainement pas la seule responsable de la crise migratoire, ses institutions ont largement aggravé le phénomène en mettant en place une législation, une jurisprudence et des mécanismes favorables à l’immigration sans se préoccuper des répercussions désastreuses qu’ils allaient produire, et sans aucun souci des peuples européens. A ceux qui prétendent que l’homme serait un Homo migrans, les frontières des obstacles à abattre, les nations des vestiges du passé appelés à disparaître dans un avenir proche, nous répondons que l’Humanité n’est pas vouée à devenir un agrégat d’individus interchangeables, déracinés, déculturés. C’est en faisant preuve de solidarité avec les dirigeants et intellectuels actuels qui luttent pour la protection de leur peuple et en dénonçant sans relâche les trahisons dont les Européens sont victimes que nous saurons retrouver la voie menant à une identité, une prospérité et une sécurité retrouvées.

Article paru dans le journal EP Today (6 juin 2017, Vol. 13, n°6).

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