Editorial de Nicolas Bay, co-président du groupe ENL, paru dans « La lettre du Groupe Europe des Nations et des Libertés » du 21 janvier 2019. Pour recevoir les lettres du groupe : cliquez ici

Les fédéralistes rêvent d’une Europe dirigée par la Commission, au détriment du Conseil qui regroupe les dirigeants des États membres de l’Union européenne.

Depuis plusieurs mois, la Commission fait adopter par le Parlement une batterie de mesures destinées à renforcer son pouvoir de chantage sur les États réfractaires à cette mise sous tutelle. 

La semaine dernière, en session plénière à Strasbourg, les fédéralistes ont fait voter plusieurs textes dans ce sens, notamment le rapport Rubial-Sarvamaa qui vise à couper les vivres des États qui menaceraient le fameux « état de droit », au profit d’États plus dociles.

Mais cette instrumentalisation des fonds européens pourrait renforcer la rébellion au sein du Conseil.

Dans cette instance, depuis avril 2017, les États peuvent en effet bloquer les décisions s’ils réunissent 35% des voix. La méthode de calcul est complexe, chaque État disposant d’un nombre de voix relatif à sa population. Par exemple, 29 voix pour l’Italie avec ses 60 millions d’habitants, 12 pour la Hongrie, qui en compte 10 millions. Et le départ du Royaume-Uni (29 voix) va mécaniquement abaisser le seuil de cette minorité de blocage.

Or depuis 2014, le groupe de Visegrad ou V4 (Pologne, Hongrie, Tchéquie et Slovaquie) s’est considérablement consolidé, en partie grâce aux attaques de la Commission contre la Hongrie et la Pologne.

Et alors que la Bulgarie de Boïko Borissov est de plus en plus associée au V4, la Roumanie de Liviu Dragnea ne cesse de se rapprocher de la Hongrie de Viktor Orbán.

Autrement dit, si on y ajoute l’Italie de Matteo Salvini et l’Autriche codirigée par nos alliés du FPÖ, on voit ainsi émerger un bloc cohérent et stable, à même d’obtenir une renégociation en profondeur du fonctionnement et de l’orientation de l’UE.

Le blocage institutionnel conduirait en effet nécessairement à une refonte des traités, alors même que les forces nationales progressent partout en Europe.

On comprend mieux la panique dans le camp des fédéralistes.

Nicolas Bay
Co-Président du groupe Europe des Nations et des Libertés

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