Editorial de Nicolas Bay, co-président du groupe ENL, paru dans « La lettre du Groupe Europe des Nations et des Libertés » du 18 février 2019. Pour recevoir les lettres du groupe : cliquez ici

Près de quatre mois après sa signature à Bruxelles, le Parlement européen a approuvé à Strasbourg l’accord de libre-échange avec Singapour.

Cité-État insulaire d’à peine plus de 700 km², Singapour s’est imposée comme l’une des grandes plaques tournantes du commerce mondial après avoir pris son indépendance de la Malaisie en 1965. C’est un paradis fiscal dont les deux tiers des exportations sont en fait des réexportations de produits provenant de pays tiers, notamment la viande halal.

Alors que la plupart des pays mettent en place des mesures protectionnistes, l’UE persiste dans le libre-échange débridé. Depuis une vingtaine d’années, elle abaisse frénétiquement les barrières douanières en mettant en place des tribunaux d’arbitrage du type ISDS (Investor-state dispute settlement) censés régler les différends entre États et investisseurs, très souvent au profit de ces derniers.

Parmi les accords de libre-échange que l’UE a conclu, figurent les programmes SPG (Système de Préférence Généralisée) qui bénéficient aux pays dits « en voie de développement ». 72 pays tiers jouissent ainsi de conditions préférentielles pour l’accès de leurs produits au marché de l’UE, une sorte de préférence extra-communautaire.

Sur ces 72 pays, 8 se voient accorder par la Commission un statut privilégié, car ils sont censés respecter 27 conventions internationales relatives aux droits humains, sociaux et environnementaux.

Or parmi ces quelques privilégiés figure le Pakistan, un pays qui persécute sa minorité chrétienne en appliquant la charia. Et tandis que le Parlement fait mine de s’émouvoir du triste sort réservé à Asia Bibi, d’abord condamnée à mort pour un prétendu blasphème puis acquittée mais toujours menacée dans son pays, la Commission continue à favoriser l’importation de produits made in Pakistan. Telle est la folle politique commerciale que nous impose l’UE, au détriment non seulement de nos intérêts, mais aussi du respect des droits de l’homme en général et des chrétiens en particulier.

 

Nicolas Bay
Co-Président du groupe Europe des Nations et des Libertés

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