Un grand discours mais pas de rupture en vue avec les précédentes politiques industrielles !

Le premier ministre a dévoilé, ce matin, ses propositions pour l’industrie française dans le format habituel de communication visant à jeter de la poudre aux yeux des citoyens pour masquer des mesures timides.

Il a affirmé vouloir défendre les « champions français » qui seraient menacés d’OPA, alors qu’on a assisté au rachat d’une partie d’Alstom par l’Allemand Siemens dès les premiers mois du quinquennat d’Emmanuel Macron. Ce mariage censé se faire « entre égaux » et servir le projet européen, constitue la fuite de nos brevets d’innovations vers l’étranger spécialement ici celui du train hydrogène.

Encore une fois les paroles de ce discours n’ont aucun écho dans la réalité et ne se traduisent pas en actes.

De plus, Edouard Philippe a annoncé que personne ne serait « laissé pour compte dans les mutations industrielles ». Cependant, le règlement européen pour la protection des données (RGPD), qui entre en vigueur en mai 2018, aura des conséquences financières fatales pour de nombreuses PME. En effet, elles ne pourront se faire le loisir d’embaucher un responsable du traitement des données ou de payer une amende s’élevant à hauteur de 2 à 4% de leur chiffre d’affaire. Pour la société de recherche Forrester, 80% des entreprises ne seront pas conformes à ce règlement. La retranscription des politiques européennes en France va encore faire beaucoup de « laissé pour compte » !

Un grand discours empreint de solennité ne cache pas l’incohérence d’une vision politique injuste, allant à l’encontre de notre souveraineté économique, condition sine qua non de la protection de notre industrie et de nos emplois. Ce n’est pas non plus la parité dans les comités exécutifs des entreprises industrielles qui fera se réinstaller des usines sur nos territoires.

En commission Industrie, transport et Recherche au Parlement européen, nous observons la fracture qui sépare les euro-mondialistes, qui succombent au fatalisme d’un monde sans frontières, et ceux qui défendent, avec volonté politique, l’indépendance industrielle de notre Nation.
On ne pourra pas créer une dynamique positive dans le cercle vicieux au sein duquel les idéologues ultralibéraux nous ont enfermés. Il faut en sortir.

On peut, en 2017, avoir une vision ambitieuse de ré-industrialisation. Pour cela, il faut retrouver notre souveraineté économique pour empêcher nos fleurons d’être rachetés par nos voisins et employer les fonds qui partent à l’Union européenne pour soutenir l’innovation dans les entreprises.

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