Le Monopoly qui se jouait entre les deux géants des industries phytosanitaire et pharmaceutique a rendu son verdict : la fusion est autorisée. Seuls perdants de la partie, le consommateur et l’agriculteur.

Bayer, mastodonte allemand des produits sanitaires, pharmaceutiques et agricoles, rachète donc l’Américain Monsanto, poids lourd des produits phytosanitaires parmi lesquels figure le célèbre Roundup. La Commission a tout de même émis des réserves, après une longue enquête. Pour donner l’illusion d’une concurrence équitable là où elle était en train de disparaître, elle recommande quelques mesures correctives : le troisième bénéficiaire de cette opération est ainsi BASF, autre firme allemande, qui récupère des licences et actifs de Monsanto et Bayer pour éviter des chevauchements de marchés.

Censée lutter contre la concentration, la Commission européenne ne fait ici que la renforcer, dans un secteur aussi crucial pour notre souveraineté alimentaire que pour notre sécurité sanitaire. Le nouveau géant industriel pourra ainsi peser de tout son poids pour mondialiser encore plus une agriculture déjà amputée de ses particularités.
Les effets seront innombrables, notamment pour le marché des semences et semences génétiquement modifiées : ces deux entreprises vont désormais écraser un marché dans lequel les « concurrents », dont le Français Limagrain, auront bien du mal à exister. Surtout, les agriculteurs auront de moins en moins le choix dans la sélection de leurs semences, ou encore des intrants qu’ils utilisent.

En attendant la décision des autorités américaines sur cette fusion, l’Union européenne vient d’envoyer un signal dramatique quant à sa vision de l’agriculture, de la concurrence et de la santé des consommateurs.

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