Question à la Commission avec demande de réponse écrite
L’Agence européenne des droits fondamentaux a récemment publié un rapport intitulé “Second European Union Minorities and Discrimination Survey. Muslims – Selected finding” (septembre 2017). D’après ce document, les pays d’Europe réserveraient un mauvais accueil aux musulmans. Cependant, les conclusions du rapport diffèrent des données recueillies. Si les musulmans se sentent majoritairement discriminés comme groupe, seulement une minorité se considère personnellement visée. Un examen attentif des données montre que le rapport ne tient pas compte de son comportement souvent problématique vis-à-vis de l’autorité publique, de la hiérarchie professionnelle, des lois en vigueur.

Alors qu’il est demandé aux sociétés d’accueil de s’adapter, d’être plus ouvertes et tolérantes, l’étude se garde d’aborder les pressions sociales dans ces quartiers, toujours plus nombreux, où les préceptes coraniques régentent les conduites et les tenues, à l’origine des réticences observées au sein des populations d’accueil qui y sont confrontées au quotidien. La Commission n’est-elle pas d’avis que l’agence a commis de graves erreurs de méthodologie, liées à des partis pris idéologiques ? Compte-t-elle y remédier sachant que cette étude, censée apporter aux décideurs politiques des éléments utiles, précis et objectifs, est biaisée, entretenant de fait une mauvaise compréhension des phénomènes de radicalisation qu’on observe dans la communauté musulmane ?

Réponse donnée le 22 février 2018 par Madame Jourová au nom de la Commission

1. L’étude de l’Agence des droits fondamentaux (FRA) intitulée “Les musulmans – Sélection de résultats”, qui fait partie de la deuxième enquête plus vaste de l’Union européenne sur les minorités et la discrimination (EU-MIDIS II), est fondée sur les perceptions des musulmans interrogés en ce qui concerne les grands domaines suivants :
I) vivre ensemble dans l’UE: citoyenneté, confiance et tolérance;
II) discrimination et sensibilisation aux droits;
III) crimes haineux – harcèlement et violence et
IV) contrôles de police. Tout en soulignant que la FRA est une agence indépendante de l’UE, la Commission rejette l’argument selon lequel il existerait des éléments prouvant des “partis pris idéologiques” dans le rapport de l’Agence.

2. Pour ce qui est de la méthodologie utilisée, la Commission renvoie l’honorable parlementaire à l’annexe pertinente du rapport sur la méthodologie utilisée pour l’enquête EU-MIDIS II ainsi qu’à la réponse détaillée de la FRA à la question écrite E-005932/2017, que la Commission joint à la présente réponse

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