Le cauchemar continue pour la papeterie de Raon. Racheté en 2014 par l’Italien Carteria Galleria, l’établissement de soixante-sept salariés voit son sort à nouveau suspendu à la décision du tribunal de commerce d’Épinal prévue le 13 février . Ce nouvel épisode de la saga du papetier historique des Vosges intervient après l’annonce de la restructuration du Norvégien Norske Skog, également implanté dans le département, illustrant des difficultés d’un secteur miné par la concurrence et le carcan réglementaire européen.
En augmentation de 250 % entre 2000 et 2015 , la production chinoise de papier et carton est en passe de devenir une concurrente de taille pour l’Europe, puisqu’entre 2010 et 2015, les importations françaises d’articles de papeterie chinois ont augmenté de 70 %, alors même que notre balance commerciale reste obstinément déficitaire . Dans le même temps, l’Europe a vu le nombre d’entreprises du secteur fondre de 32,9 % et l’emploi de 36,8 % .

Mais alors que certains États comme les États-Unis , le Brésil, la Russie et la Turquie ont d’ores et déjà imposé des barrières douanières, Bruxelles ouvre les vannes et soumet les entreprises européennes à un carcan réglementaire toujours plus étouffant. Ainsi, les coûts générés par la réglementation européenne ont triplé sur la dernière décennie, plombant de plus de 40 % la rentabilité de l’ensemble de l’industrie depuis 2004 .

En octobre dernier, j’avais alerté en vain la Commission européenne sur les exportations à bas coûts de bois français en Chine, permettant à celle-ci d’exporter en Europe des produits finis ultra-compétitifs. Mais alors que Bruxelles s’arc-boute sur le dogme du libre-échange à contre-courant de l’évolution mondiale et au mépris du bon sens, il est désormais urgent que la France reprenne son destin industriel en main.

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