Sur le dévoiement du droit d’asile

Selon les chiffres publiés par Eurostat, plus de 1,2 million de demandes d’asile ont été déposées en 2016, soit quasiment autant qu’en 2015. Ces chiffres sont deux fois supérieurs à ceux observés en 2014.

Face à la crise migratoire, certains États membres tentent de juguler les flux à l’aide de nouveaux dispositifs de contrôle. Ainsi, la Hongrie a pris la décision de réintroduire la détention systématique des demandeurs d’asile dans des zones de transit et entamé la construction d’une deuxième barrière afin de protéger les frontières de l’espace Schengen, alors que les estimations indiquent que près de 80 000 immigrés sont actuellement sur la route des Balkans et que l’accord UE-Turquie risque de voler en éclats.

Parallèlement aux réticences nationales qui se dessinent depuis plusieurs mois, la Commission persiste à menacer les États membres qui refusent de se soumettre à son mécanisme de relocalisation des demandeurs d’asile, en particulier la Hongrie, la Pologne et l’Autriche.

1. Pourquoi, dans ces conditions, la Commission s’entête-t-elle dans sa volonté d’imposer ce mécanisme ?
2. Cette situation ne devrait-elle pas l’inciter plutôt à revoir les critères d’octroi de l’asile en le considérant comme un privilège accordé aux demandeurs et non pas comme un droit individuel ?

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