« Deux poids, deux mesures » de l’UE concernant les victimes civiles des frappes en Irak et en Syrie

Fin 2016, l’Union européenne avait durement dénoncé le gouvernement syrien et ses alliés, notamment la Russie, engagés dans la reconquête de la partie orientale de la ville d’Alep, aux mains d’une constellation de groupes rebelles djihadistes. Le Conseil des ministres des affaires étrangères de l’UE du 17 octobre 2016 évoquait dans ses conclusions des bombardements aériens «d’une intensité et d’une ampleur démesurées». Quatre jours plus tard, le Conseil européen renchérissait, condamnant les attaques menées contre des civils à Alep.

À chaque fois, l’UE a répété qu’elle soutenait la coalition internationale. Or celle-ci aussi fait des victimes civiles lorsqu’elle bombarde. L’armée américaine a reconnu, dans un communiqué du Pentagone en date du 30 avril dernier, que la coalition avait fait au moins 350 victimes civiles en Irak et en Syrie depuis 2014. Pour Airwars, une association qui suit les frappes de la coalition, ce chiffre serait très en-deçà de la réalité : en réalité, plus de 3000 civils auraient été tués depuis le début des opérations.

Il serait par conséquent cohérent que l’Union européenne condamne les frappes de la coalition comme elle a condamné les frappes syro-russes.

La VP/HR a-t-elle l’intention de faire cesser ce « deux poids, deux mesures »?

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