Editorial de Nicolas Bay, co-président du groupe ENL, paru dans « La lettre du Groupe Europe des Nations et des Libertés » du 4 mars 2019. Pour recevoir les lettres du groupe : cliquez ici

Moins d’un mois après le refus par la Commission de la fusion Alstom-Siemens, voilà que Macron subit un nouveau revers sur la scène européenne avec la montée surprise des Pays-Bas dans le capital d’Air France-KLM. Ainsi, depuis mercredi 27 février, l’État néerlandais dispose d’un nombre d’actions équivalent à celui de la France, 14%.

Avec cette acquisition, le gouvernement néerlandais a annoncé vouloir influencer directement le développement futur d’Air France-KLM « afin d’assurer de la meilleure façon possible l’intérêt public néerlandais ».

En l’occurrence, les Néerlandais contestent les stratégies du gouvernement français mais aussi du nouveau directeur général du groupe franco-néerlandais… qui n’est autre que l’ex-patron d’Air Canada, né d’un père australien et d’une mère britannique de Hong Kong.

C’est il y a vingt ans, en février 1999, que la compagnie Air France a été privatisée et introduite en bourse. Depuis, l’État français n’a cessé de se désengager. En 2015, alors qu’il était ministre des Finances, Macron a bradé l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Aujourd’hui, c’est Aéroports de Paris qu’il veut liquider.

À l’inverse, les Néerlandais ont indiqué ces derniers mois qu’ils voulaient, eux, garder le contrôle de leurs aéroports. C’est d’ailleurs ce qu’a réaffirmé Pieter Elbers, le président de KLM, qui travaille pour la compagnie depuis 1992. Il semblerait ainsi que les Néerlandais soient davantage préoccupés par la défense de leurs intérêts nationaux sur le long terme et ce, alors qu’Américains et Chinois détiennent déjà une part très importante du capital d’Air France-KLM.

On aimerait donc que les dirigeants français, publics et privés, fassent preuve de moins de naïveté et d’irresponsabilité. D’autant qu’Air France, dont les Français étaient si fiers, a bien perdu de sa superbe, notamment à cause des grèves à répétition…

 

 

Nicolas Bay
Co-Président du groupe Europe des Nations et des Libertés

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